Mon enfant est « lent » : que faire ?

Chaque enfant va à son propre rythme, qu’il convient de trouver et de respecter. On vous a peut-être dit que votre enfant était « lent », ou bien vous l’avez vous-même remarqué… D’où cela vient et que faire pour l’aider au mieux ?

Les manifestations des lenteurs à l’apprentissage

En matière d’apprentissage, personne ne va au même rythme, et cela se voit dès le plus jeune âge. Lors des devoirs ou à l’occasion d’autres activités, peut-être avez-vous décelé quelques caractéristiques qui font que votre enfant a pu être qualifié de « lent », notamment par son enseignant.

Alors comment cela se manifeste ? Votre enfant peine à se concentrer, il met du temps à finir ses exercices, il est tête en l’air, il digresse, ou encore se décourage facilement. Il peut également montrer un manque de confiance en lui.

Certains enfants ont simplement besoin de plus de temps que d’autres pour assimiler des apprentissages ou effectuer certaines tâches. Ils sont alors qualifiés de  « lent », par rapport à une certaine norme. Ils subissent en outre une pression de rapidité qui les met en difficulté, les décourage, et créé un véritable cercle vicieux. Ces enfants ne sont pas moins intelligents que les autres, ou plus paresseux, ils ne vont simplement pas au même rythme.

À quoi cela est-il dû ?

Souvent, ces enfants possèdent une imagination foisonnante ; ils peuvent également être très perfectionnistes. Il peut aussi s’agir d’enfants à haut potentiel, ou encore présentant un TDAH. Certains n’ont simplement pas conscience du temps qui passe et sont tête en l’air.

Cette lenteur peut également être la conséquence d’un trouble des apprentissages, notamment une dyslexie ou une dyspraxie. En cas de doute, il convient d’en parler à l’enseignant et de consulter un spécialiste.

Accompagner son enfant : nos conseils

  • Mettre en place des routines. Proposer des horaires fixes pour chaque activité permet d’instaurer un automatisme plus simple à vivre.
  • Découper les tâches en petites sessions. Votre enfant a du mal à rester concentré sur le long terme : des sessions de devoirs courtes sont préférables.
  • Accompagner son travail. Ne le laissez pas travailler seul, soyez présent avec lui pour l’encourager, lui poser des questions… etc.
  • Faciliter sa concentration lors des devoirs. Comme il se laisse facilement distraire, éliminez toute source de distraction : musique, télé… installez-le dans un endroit dédié au calme.
  • Encourager les matières ou disciplines dans lesquelles il est bon. Votre enfant est peut-être particulièrement doué dans une matière ou une discipline (l’Histoire, le dessin, la danse…) : vous pouvez l’encourager à développer son intérêt.
  • Collaborer avec son enseignant. Communiquer avec son professeur permettra de définir ensemble la meilleure stratégie, ou encore de reproduire ce qui marche à l’école à la maison.

Zoom sur les DYS : la dyscalculie

La dyscalculie fait partie des troubles spécifiques du développement. Les enfants qui en sont atteints rencontrent des difficultés dans les apprentissages numériques. Voici tout ce qu’il faut savoir pour mieux appréhender ce trouble DYS.

La dyscalculie : qu’est ce que c’est ?

La dyscalculie est un trouble aussi fréquent que la dyslexie, celle-ci étant cependant plus connue. Ce dysfonctionnement cognitif occasionne une difficulté à utiliser mais aussi à comprendre les nombres. L’enfant fait face à une incompréhension totale des structures logico-mathématiques.

On considère qu’elle touche en France environ 5 % des enfants, aussi bien filles que garçons. La dyscalculie est rarement isolée : elle sera souvent associée à un autre trouble DYS, notamment une dyslexie ou une dysorthographie.

Identifier des signes de dyscalculie chez son enfant

Comment tout trouble de l’apprentissage, la dyscalculie peut entraîner des perturbations dans la scolarité d’un enfant, c’est pourquoi il est important de la dépister dès que possible. Souvent, ce sera l’enseignant qui pourra repérer plus facilement ces signes.

Le trouble se manifeste par différents signes, plus ou moins nombreux selon l’enfant :

  • Difficulté à mémoriser les faits arithmétiques (notamment les tables)
  • Faiblesse, lenteur en calcul mental
  • Difficulté à compter et dénombrer sans utiliser les doigts
  • Difficulté d’écriture des grands nombres
  • Difficulté face aux notions temporelles (secondes, heures, mois…)
  • Difficulté avec les termes mathématiques (somme, soustraction, trois fois moins… etc)
  • Difficulté à compter l’argent

L’enfant peut aussi avoir du mal à se repérer dans l’espace. Attention cependant, un enfant qui rencontre des difficultés en maths n’est pas nécessairement dyscalculique.

Le diagnostic et le traitement de la dyscalculie

La dyscalculie est peu connue : des soucis en mathématiques pourront ainsi être régulièrement associés à de la paresse. Nombreux sont les cas à passer entre les mailles du filet, car il n’est pas rare qu’un enfant ait simplement du mal avec cette matière.

Pour s’assurer d’un diagnostic fiable, il conviendra, après avoir pris l’avis de l’enseignant sur la question, de faire réaliser un bilan par un orthophoniste. Un neuropsychologue peut aussi réaliser un bilan pour écarter toute cause neurologique.

Le traitement de la dyscalculie repose sur une rééducation orthophonique. Il peut en outre y avoir une prise en charge complémentaire avec un psychomotricien. La durée de la rééducation pourra varier de plusieurs semaines à plusieurs mois. L’orthophoniste pourra proposer une méthode d’apprentissage personnalisée des mathématiques.

En complément, une prise en charge spécifique peut être mise en place en classe, par exemple avec l’intervention d’un auxiliaire de vie scolaire qui assistera l’enfant.

Zoom sur les DYS : la dyspraxie

La dyspraxie fait partie des troubles dit DYS. Il s’agit d’un trouble spécifique des apprentissages qui entraine des difficultés à réaliser des gestes de manière automatique. Comment la dépister ? On fait le point sur la dyspraxie, ses signes et ses traitements possibles.

Qu’est-ce que la dyspraxie ?

La dyspraxie est un des troubles DYS les moins connus, qui toucherait de 2 à 6 % des enfants. La dyspraxie peut être très handicapante dans la vie quotidienne ainsi qu’à l’école.

Il s’agit d’un trouble neurologique qui affecte la planification des gestes volontaires : on repère alors une incapacité partielle ou totale de l’exécution. Les muscles de l’enfant fonctionnent normalement, mais la réalisation de certains gestes précis lui demande énormément d’efforts.

Les signes d’une dyspraxie

La dyspraxie se manifeste pour 80 % des enfants vers l’âge de 4 ou 5 ans, à l’occasion des premiers apprentissages à l’école.

On retrouve ainsi, selon les enfants, différents signes :

  • Maladresse importante
  • Difficulté à écrire, dessiner, découper
  • Difficulté dans l’apprentissage de gestes tels que le laçage des chaussures, l’utilisation des couverts, s’habiller seul…
  • Difficulté pour certains jeux demandant de la précision comme les billes, les activités manuelles, les jeux de construction…
  • Difficulté à se repérer dans l’espace

Selon le type de dyspraxie, on pourra aussi retrouver des troubles logico-mathématiques, des troubles oculaires, ou encore des troubles de l’attention, car elle peut être associée à un TDA/H.

Le diagnostic et le traitement de la dyspraxie

Comme tous les troubles DYS, un diagnostic précoce est toujours bénéfique. Celui de la dyspraxie peut être réalisé tôt par le pédiatre. Le plus souvent, c’est à l’école qu’elle est repérée : par exemple par l’enseignant, le plus souvent par le médecin scolaire.

Il est ensuite nécessaire d’établir un bilan complet, réalisé par une équipe pluridisciplinaire, rassemblant un neurologue, un ergothérapeute, un psychomotricien et un orthoptiste.

L’enfant doit apprendre à vivre avec la dyspraxie, car il s’agit d’un trouble qui ne se soigne pas entièrement. Il adoptera ainsi d’autres stratégies pour contourner ses difficultés motrices. Plusieurs pistes sont mises en place sur le long terme, telles que des rééducations, notamment auprès d’un ergothérapeute et d’un psychomotricien.

À l’école, des aménagements sont possibles pour lui donner toutes ses chances de réussir. L’enseignant devra adapter sa pédagogie, par exemple en exigeant qu’une tâche à la fois, en privilégiant l’oral, en proposant des supports clairs et aérés, ou encore en favorisant l’utilisation du matériel informatique en classe – notamment la tablette. L’enfant dyspraxique pourra aussi être accompagné par un AVS s’il est reconnu par la MDPH.

Hyperactivité chez l’enfant (TDA/H) : comment dépister et accompagner ?

Le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) touche 3,5 % à 5,6 % des enfants scolarisés en France. Comment savoir si votre enfant est hyperactif, comment dépister ce trouble et bien l’accompagner ?

Comment reconnaitre un TDAH ?

Le TDAH associe trois symptômes majeurs que sont le déficit d’attention, l’hyperactivité motrice et l’impulsivité.

Le TDAH peut être plus facilement diagnostiqué à partir de l’âge de 10 ans. C’est souvent à travers la vie de classe que l’on peut orienter un premier diagnostic. Mais alors comment faire la différence entre un enfant turbulent et un enfant atteint de TDAH ? L’agitation et l’inattention peuvent être de simples traits de caractère, parfois passagers. C’est seulement lorsqu’ils deviennent handicapants pour l’enfant, tout particulièrement du point de vue de la scolarité, que l’on peut se poser la question du TDAH.

Les principaux symptômes

Pour dépister un TDAH, on considère ainsi que l’enfant doit présenter depuis 6 mois, au moins 6 symptômes d’inattention, ou bien 6 d’hyperactivité, ou bien les deux combinés.

Parmi les symptômes de l’inattention, l’enfant peut :

  • Avoir du mal à se concentrer sur une activité scolaire
  • Sembler ne pas écouter quand on l’appelle
  • Perdre souvent des objets nécessaires à ses activités
  • Avoir du mal à se conformer aux consignes
  • Se laisser facilement distraire par des stimuli externes

Les symptômes d’hyperactivité sont les suivants :

  • Tendance à remuer beaucoup les mains et/ou les pieds
  • Tendance à courir et à grimper partout, tout le temps
  • Tendance à beaucoup parler
  • Difficulté à rester assis

L’enfant peut aussi faire preuve d’impulsivité, cela signifie qu’il pourra souvent interrompre les autres, aura tendance à imposer sa présence, ou aura du mal à attendre son tour. Cela peut aussi prendre la forme de sautes d’humeur voire d’agressivité.

Le traitement et l’accompagnement du TDAH

Le diagnostic peut être uniquement posé par un médecin spécialiste. Le TDAH ne se guérit pas, il se traite. Plusieurs approches peuvent être considérées par les spécialistes, en lien avec les parents.

Ce trouble nécessite un accompagnement à la maison, pour permettre à l’enfant d’avoir une scolarité épanouie. Les parents doivent fournir des structures claires à l’enfant hyperactif. Il est ainsi nécessaire de lui confier une seule tâche à la fois, de lui offrir un environnement calme pour réduire les stimuli extérieurs, ou encore de l’inciter à se dépenser physiquement la journée, et de créer une ambiance apaisante avant le coucher.

Zoom sur les DYS : la dysphasie

La dysphasie est une trouble spécifique d’apprentissage du langage oral. Présent dès la naissance puis tout au long de la vie, il touche environ 2 % des enfants scolarisés. On vous explique quelles sont les manifestations de la dysphasie et comment traiter ce trouble DYS.

Dysphasie : qu’est-ce c’est ?

Ce trouble se manifeste par des difficultés au niveau de la communication orale et verbale : l’acquisition du langage par l’enfant n’est pas normale. Ce dernier a du mal à s’exprimer, mais aussi à comprendre ce qu’on lui dit. Il existe plusieurs types de dysphasie : elle peut être expressive, réceptive ou mixte.

La dysphasie touche plus fréquemment les garçons, et on ignore encore réellement sa cause, si ce n’est qu’il s’agit d’un trouble neurologique.

Les signes de la dysphasie et son diagnostic

Globalement, un enfant touché par une dysphasie parle tardivement, s’exprime mal et a des difficultés de compréhension orale. Elle ne doit pas être confondue avec un retard de langage.

Voici plusieurs signes qui peuvent alerter sur une possible dysphasie chez un enfant :

  • Difficulté à trouver ses mots
  • Utilisation de phrases très courtes, de style télégraphique
  • Difficultés syntaxiques et manque de sens
  • Il parle peu, a du mal à exprimer ce qu’il veut et ressent
  • Il est difficile de le comprendre (manque de sens, de cohérence)
  • Il a du mal à comprendre des consignes

Une dysphasie peut aussi être associée à d’autres troubles tels qu’une dyslexie ou une dysorthographie.

Le diagnostic de la dysphasie ne peut pas être posé avec certitude avant les 5 ans de l’enfant. Il est nécessaire d’écarter dans un premier temps toute autre cause, notamment psychologique, intellectuelle ou physique.

Ce diagnostic se fait à partir d’un bilan de langage réalisé par un orthophoniste sur prescription du médecin traitant. Ce bilan se passe en présence de la famille et permet au professionnel d’évaluer la communication de l’enfant, et le degré de sévérité du trouble.

Le traitement de la dysphasie

Au-delà de 5 ans, une rééducation orthophonique est nécessaire. L’enfant, pour mieux vivre avec son handicap et profiter d’une scolarité réussie, doit être suivi de façon étroite et prolongée. Il est important de savoir qu’une dysphasie ne se guérit pas, mais s’apprivoise. Plus elle est prise en charge de façon précoce, plus les bénéfices du traitement seront importants.

En plus de l’accompagnement régulier de l’orthophoniste, la consultation d’un psychologue, d’un psychométricien ou encore d’un ergothérapeute peut aussi être bénéfique.

La phobie scolaire : comment y faire face ?

La phobie scolaire, ou « refus scolaire », est une peur irraisonnée de se rendre à l’école. Si les causes sont très variables, il existe heureusement des solutions pour y faire face. On fait le point sur ce trouble anxieux encore peu connu en France.

La phobie scolaire, c’est quoi ?

Le Journal Officiel retient cette définition précise : « La phobie scolaire, ou refus scolaire anxieux, est une manifestation de refus de la fréquentation scolaire, à distinguer du refus d’apprendre ou de difficultés d’apprentissage. »

La phonie scolaire se manifeste ainsi par une forte angoisse au moment d’aller à l’école.

La phobie scolaire concernerait environ 5 % des consultations en pédopsychiatrie. Aucun chiffre officiel n’existe sur la répartition de ce trouble anxieux, même s’il est estimé que 1 à 2 % des enfants y font face.

Comment se manifeste-elle et à quoi est-elle due ?

Les manifestations d’un phobie scolaire sont très claires et faciles à reconnaitre :

  • Grande difficulté ou refus de quitter la maison pour aller à l’école
  • Absentéisme scolaire
  • Vive réaction anxieuse : verbale, physique (pleurs, cris…), ou bien somatique (céphalées, nausées…)

A noter que la phobie scolaire, au contraire du décrochage scolaire, n’est pas du tout associée à un refus d’apprendre. Les bons élèves, aussi bien que ceux qui ont de moins bons résultats, sont d’ailleurs touchés.

Cette peur de l’école n’a pas d’explication ou de causes claires, et peut apparaître à tout moment. Néanmoins, deux catégories d’âges sont plus propices à l’apparition de la phobie scolaire : d’abord au moment de l’entrée en CP (vers 6 ans), et au début de l’adolescence, au collège (entre 11 et 14 ans). Il faut également creuser du côté de certains événements qui auraient pu contribuer au déclenchement de cette phobie scolaire : par exemple du harcèlement scolaire, un conflit avec un professeur, un choc familial… etc.

Comment la soigner ?

Tout d’abord, une prise en charge précoce contribuera à une bonne évolution du trouble. Il s’agit en premier lieu d’engager un dialogue entre parents et enfant le plus vite possible. Le traitement de la phobie scolaire repose en grande majorité sur une prise en charge psychologique de l’enfant, avec un psychothérapeute ou un pédopsychiatre. L’enfant doit être accompagné et entouré, et cela demande une étroite collaboration entre lui, la famille, les soignants et l’école. Empathie et écoute sont deux piliers importants de la voie vers la guérison.

Une réinsertion scolaire progressive sera conseillée. Par exemple, cela peut passer par un premier retour dans les locaux de l’école uniquement : en cours de récréation, en salle de permanence…

En outre, la mise en place d’un Projet d’Accueil Individualisé (PAI) pourra aider à mettre en application cette réinsertion scolaire, en fonction des recommandations thérapeutiques.

Zoom sur la dysgraphie, le trouble DYS de l’écriture

La dysgraphie fait partie des troubles de l’apprentissage, appelés les troubles « DYS ». Elle perturbe la bonne acquisition ainsi que l’exécution de l’écriture, et on estime qu’elle touche environ 10 % des enfants. Quelles sont ses manifestations et comment bien traiter ce trouble de l’apprentissage ? On fait le point.

Qu’est-ce que la dysgraphie ?

La dysgraphie est un trouble fonctionnel qui touche les enfants et rend difficile l’écriture et son tracé. Tout type d’écriture demande alors à l’enfant un effort cognitif poussé, qui alors du mal à organiser et coordonner son écriture. Elle est plus ou moins sévère, et peut persévérer dans le temps. Si elle apparait souvent isolée, il est aussi possible qu’elle soit associée à une dyslexie (trouble de la lecture) et/ou à une dyspraxie (trouble de la coordination gestuelle). Le plus souvent, elle n’est liée à aucun trouble neurologique, intellectuel ou psychologique.

Chez un enfant dysgraphique, l’écriture n’est pas automatisée, et lui demande donc beaucoup d’efforts. Toute son attention est ainsi focalisée sur le geste d’écriture, ce qui nuit inévitablement aux autres activités d’apprentissage (mémoriser, comprendre, lier des idées…).

Reconnaitre les signes d’une dysgraphie

En tant que parent ou enseignant, on reconnaitra des difficultés et des anomalies à la fois dans l’exécution et l’écriture en elle-même :

  • Une exécution de l’écriture très lente
  • Une écriture illisible, difficile à comprendre
  • Une production écrite désordonnée
  • Des espacements aléatoires entre les mots, des lettres mal formées

Une dysgraphie sévère peut être dépistée dès la maternelle. Il est conseillé de consulter un spécialiste si l’enfant présente ces signes persistants après le CP.

Que faire pour traiter une dysgraphie ?

Il conviendra de s’adresser à un orthophoniste, qui réalisera un bilan complet. Il peut aussi être utile de faire passer à l’enfant un bilan plus large : neuropédiatrique, ophtalmologique, neuropsychologique, psychologique, psychomoteur… Ceci est nécessaire afin d’évaluer la gravité du trouble mais aussi de dépister d’autre pathologies qui pourraient être associées.

Une rééducation pourra ensuite être menée par un orthophoniste et/ou un psychomotricien. Ce dernier fera travailler l’enfant sur son geste d’écriture, sa posture, la tenue du stylo, la formation des lettres, et ce par le biais de différents exercices, notamment de relaxation, de motricité fine, de coordination, de graphisme… et bien d’autres.

Les enfants dysgraphiques peuvent profiter d’aménagements scolaires, à la fois dans le quotidien, mais également pour les contrôles et examens. Un Projet Personnalisé de Scolarisation peut être mis en place sur demande, avec notamment l’obtention d’un tiers temps.

La dysorthographie : qu’est-ce que c’est et vers qui se tourner ?

La dysorthographie est un trouble des apprentissages, qui fait partie des troubles dits « DYS ».  L’enfant fait alors face à un défaut d’assimilation des règles orthographiques. En France, 5 à 8 % des enfants ont des troubles DYS. Alors comment ne pas passer à côté de ce trouble et vers quels traitements se tourner ?

La dysorthographie, c’est quoi ?

La dysorthographie est trouble de l’apprentissage durable : il consiste en un défaut d’assimilation des règles orthographiques. Très souvent, la dysorthographie est associée à la dyslexie, qui est un trouble de l’apprentissage de la lecture – mais elle peut aussi exister de façon isolée. La dysorthographie, comme les autres DYS, est d’origine neurologique.

Ainsi, les enfants dysorthographiques ont des soucis avec la sémantique, la conjugaison, l’orthographe et la grammaire.

Comme la dépister et qui consulter ?

Votre enfant est-il dysorthographique ? On remarquera entre autres, plusieurs symptômes :

  • Difficultés au niveau de l’écriture et de la transcription, lentes et irrégulières
  • Erreurs de copie des mots et de découpages (« autour ducou » au lieu d’ « autour du cou », par exemple)
  • Erreurs d’homophones (vert, vers, verre…)
  • Oubli de syllabes, de lettres
  • Confusions entre des catégories grammaticales et ont des difficultés dans l’utilisation des marqueurs syntaxiques

Dès le CP, si on remarque un retard important dans la lecture, ou encore une non-reconnaissance des lettres, ou une incompréhension du sens des mots, une dysorthographie peut être suspectée.

Pour établir un diagnostic, il est nécessaire d’emmener l’enfant réaliser un bilan orthophonique. Ce bilan comprendra un test de conscience phonologique et un test visuo-attentionnel. En complément, d’autres bilans peuvent être effectués, notamment psychologique ou orthoptique.

Comment traiter la dysorthographie ?

Une fois les mots posés sur le trouble, le traitement passera pas une rééducation orthophonique, à effectuer grâce à des rendez-vous avec un orthophoniste. L’enfant sera pris en charge de manière individuelle. Elle doit être réalisée le plus tôt possible (par exemple dès la maternelle), pour aider l’enfant à surmonter ses difficultés, et empêcher par la suite une situation d’échec scolaire.

En complément et selon la sévérité des troubles, il est possible de faire aussi appel à un graphothérapeute ainsi qu’à un psychomotricien.

Dans le cadre scolaire, l’enfant pourra profiter d’aménagement spécifiques, tels que le Projet Personnalisé de Scolarisation qui permet d’adapter l’emploi du temps à l’école, ainsi que le programme scolaire. Les parents peuvent aussi demander à profiter du Projet d’Accueil Individualisé, qui permet des aménagements pédagogiques avec l’équipe éducative.

Le décrochage scolaire : définition et prévention

Le décrochage scolaire se définit comme un abandon de la scolarité par un élève, avant qu’il ait obtenu son diplôme. Ce processus peut intervenir dès le collège, mais aussi avoir lieu plus tard durant les études supérieures. Où est en l’accompagnement autour du décrochage scolaire ? On fait le point sur ce phénomène, comment le prévenir et accompagner les élèves.

Le décrochage scolaire, c’est quoi ?

Le décrochage est un processus qui conduit un adolescent ou un jeune adulte à arrêter ses études et à quitter le système scolaire en cours de route, et ce sans avoir obtenu de diplôme. Ce processus, qui s’étale dans le temps, résulte d’un désintérêt et d’un manque de motivation pour les études en question. Il est la conséquence d’une accumulation de facteurs, à la fois personnels et sociaux du côté du jeune, mais aussi à cause d’une mauvaise orientation et du fonctionnement même du système éducatif français.

Les chiffres

Depuis 2010, les chiffres du décrochage scolaire sont en baisse en France, et ce dans toutes les académies. De 140 000 décrocheurs par an en 2010, le pays en comptait moins 100 000 en 2017. Cependant, un nombre toujours trop important de jeunes sortent du système scolaire sans être diplômés. Dans le cadre de la stratégie Europe 2020, la France s’est engagée à abaisser le taux de jeunes en dehors de tout système de formation et sans diplôme du second cycle du secondaire à 9,5 % en 2020.

Les outils de prévention mis en place

La lutte contre le décrochage est devenue une véritable cause nationale. En effet, les jeunes sortis des études sans diplôme ont un risque accru de se trouver au chômage, notamment de longue durée. On constate également qu’ils occupent plus souvent des emplois précaires.

La lutte contre le décrochage scolaire est organisée en plusieurs axes. Une prévention doit être réalisée à la fois par l’équipe enseignante, mais aussi les parents. Parmi ces axes, on trouve ainsi le renforcement du lien parents – école, mais aussi un meilleur accompagnement dans l’orientation des jeunes (parcours Avenir). En 2016 a aussi été lancé un un programme de formation visant à sensibiliser les professeurs aux signes précurseurs du décrochage. Les établissements scolaires du second degré doivent en outre posséder un GPDS, un dispositif interne de prévention du décrochage scolaire, qui accompagne les élèves démotivés.

Comment repérer le décrochage scolaire ?

Une chute brutale des notes, ainsi qu’un agenda vide peuvent alerter. Un autre signe est l’absentéisme et un discours de rejet dès qu’il s’agit de l’école. Il est alors conseillé de prendre rendez-vous avec l’équipe éducative afin d’identifier la cause du décrochage et trouver des solutions.

Dyslexie : zoom sur un DYS bien connu

La dyslexie est un trouble spécifique de l’apprentissage concernant la lecture et l’écriture. Il toucherait 5 à 10 % des enfants en France. Comment en reconnaître les signes et permettre à son enfant de suivre une scolarité plus facile ? On vous dit tout sur la dyslexie et son traitement.

Comment dépister une dyslexie ?

Dès la fin de la maternelle, mais surtout au cours du CP et CE1, il est possible de repérer certains signes :

  • Difficulté à identifier les mots et à faire des rimes
  • Mélange les syllabes, confond les lettres, remplace un mot par un autre
  • Difficulté à différencier certaines lettres (le b et le d par exemple)
  • Difficulté à lire sans erreur et de manière fluide
  • Lenteur exagérée de la lecture
  • Difficulté de compréhension des textes

Il existe souvent un retard d’apprentissage de la lecture, généralement de l’ordre d’un an. En outre, il est possible que la dyslexie s’accompagne d’une dysorthographie, liée à une difficulté de l’acquisition et la maîtrise des règles d’orthographe. Il est également possible que l’enfant soit touché par des troubles de l’orientation spatiale et temporelle.

Vers qui se tourner ?

En cas de suspicion d’une dyslexie, il est conseillé de s’adresser à l’équipe enseignante, notamment au psychologue scolaire. Ensuite, il est nécessaire de consulter le médecin traitant qui prescrira un bilan chez un orthophoniste. Si le diagnostic est confirmé, c’est ce dernier qui effectuera le suivi de l’enfant et des séances de rééducation. L’enfant doit en plus être aidé à la maison, ainsi qu’en classe.

L’orthophoniste peut utiliser différentes méthodes pour traiter la dyslexie, telles que la méthode Borel-Maisonny qui associe geste et son, ou encore la méthode Chassagny.

Une scolarité aménagée

Deux types de dispositifs peuvent être sollicitées par les familles auprès de l’école : le Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) ou bien le Projet d’Accueil Individualisé (PAI). Ils permettent des aménagements de la scolarité, voire une attribution de matériel spécifique tel qu’un ordinateur. Les enfants dyslexiques peuvent également bénéficier d’un tiers temps, très utile lors des examens.